Les émotions positives ou négatives et l’apprentissage.

Les émotions positives ou négatives influent sur l’apprentissage. Nombreuses théories indiquent que nous sommes constamment engagés dans des actions de comparaisons cognitives. Nous comparons donc le but que nous nous sommes fixé en regardant notre point de départ et estimons également le temps que nous pensons mettre pour l’atteindre. Nous réalisons le même type de comparaison entre l’objectif réalisé et sa réalisation attendue. Rentrent également en compte, nos croyances, nos valeurs, nos normes pour essayer de réguler ce processus. La confrontation réalisée lors du processus de comparaison déclenche l’émotion.

Les émotions positives ou négatives, frein ou moteur d’apprentissage ?

Cette confrontation agit alors comme un signal d’alarme. Nous devons réévaluer notre objectif et réajuster nos priorités. L’émotion survient donc en fonction de l’évaluation de la probabilité que nous avons réalisée du succès, de la réussite ou de l’échec futur. Ainsi, les résultats de cette évaluation vont nous faire modifier le placement des ressources que nous y avions alloué et réaliser des transferts pour nous réajuster afin de pouvoir réaliser cet objectif. Cette modification et ce transfert sont les conséquences de l’émotion ressenti. Envahis par ces émotions, certaines sont éprouvées comme positives et d’autres comme négatives.

Les émotions positives motrices

Les émotions positives sont des émotions vécues comme des expériences agréables. Le plaisir, l’excitation, l’espoir, la fierté sont des émotions positives qui affectent nos fonctions cognitives positivement. Elles influencent l’apprentissage en stimulant l’attention, la mémorisation et favorisent les stratégies d’apprentissage.

Les émotions négatives freinantes

Les émotions négatives sont des émotions qui sont vécues comme désagréables. L’anxiété, la colère, la honte sont des exemples d’émotions négatives affectant les apprentissages. Comme les émotions positives, elles influencent l’apprentissage au niveau de l’attention, de la mémoire et des stratégies mises en œuvre.

Mais tout n’est pas si blanc ou si noir !

Inversement, les émotions positives peuvent aussi freiner l’apprentissage et les émotions négatives l’accélérer.

Comment les émotions positives peuvent-elles freiner l’apprentissage ?

Vous venez d’avoir, par exemple, une bonne note. Votre attention se fixe alors sur cette réalisation réussie. Concentré sur cette réalisation, votre attention n’est absolument pas orientée sur la tâche que vous êtes actuellement en train de réaliser. Dans le même sens, vous venez d’apprendre une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle. Vous vous retrouvez alors dans l’impossibilité de réaliser votre travail correctement. Vous essayez, plein de bonne volonté, de vous réorienter sur votre tâche, mais vous n’arrivez pas à vous fixer correctement sur cette tâche.

De plus, les émotions positives qui ne sont pas lien avec l’apprentissage lui-même peuvent également diminuer les performances cognitives. C’est l’exemple typique des apprenants qui tombent amoureux. Qui n’a jamais vu son adolescent par exemple avec des cœurs plein les yeux ? Il est alors clairement sur un « petit nuage » freinant le passage d’autres informations.

Les émotions positives ne sont pas toutes des accélérateurs d’apprentissage.

Exemple :

  • Je ne rends les devoirs qu’à la fin du cours parce qu’une fois qu’ils ont eu leur note, surtout si elle est bonne, ils n’écoutent plus pendant une heure.
  • Depuis qu’elle est amoureuse, elle à la tête complètement ailleurs en classe.

Comment les émotions négatives peuvent-elles être un facilitateur ?

Comme nous l’avons vu, c’est l’évaluation entre objectif espéré et l’objectif réalisé qui provoque l’émotion. Lorsque cette confrontation montre un écart négatif, l’émotion éprouvée est alors négative également. L’anxiété, la honte, l’embarras peuvent alors, par exemple, nous envahir. Or, nous n’apprécions pas de ressentir des émotions négatives et nous cherchons alors à arrêter ce ressenti. Ces émotions négatives vont nous forcer à nous réajuster pour nous aider à atteindre l’objectif attendu. Ce réajustement va pousser l’apprenant à fournir plus d’efforts pour éviter l’échec.

De la même manière, la difficulté face à un exercice particulier peut entraîner une confusion. Néanmoins, cette difficulté peut aussi activer notre curiosité et donc agir, également, positivement sur notre motivation.

Les émotions négatives peuvent influencer notre motivation de manière positive.

Exemple :

  • Face à son mauvais résultat, il s’est mis à encore plus travailler.
  • Il avait tellement peur d’échouer qu’il a travaillé dur.
  • Il a trouvé l’exercice difficile mais il a adoré se confronter à cette difficulté.
  • Il lui fallait un 17 pour avoir la moyenne… Il a travaillé pour avoir cette note.

Des émotions qui en désactivent d’autres

Lorsque nous avons atteint le but que nous nous étions fixé, nous ressentons, face à cette réussite, une émotion positive comme du plaisir par exemple. Dans le même temps, cette réussite va engendrer également par la suite d’autres émotions positives donnant un sentiment de soulagement, de détente, de délassement. Ces émotions de soulagement et relaxantes vont venir désactiver les émotions positives. De la même manière, les émotions négatives éprouvées seront, quant à elles, désactivées par l’ennui ou le désespoir.

Exemple :

  • Depuis qu’il a eu un bon résultat, il ne travaille plus.
  • Il avait bien réussi au premier trimestre. Depuis, il se repose sur ses lauriers .

En conclusion

Toutes les émotions, qu’elles soient positives ou négatives ont leur importance dans l’apprentissage. Elles fournissent à l’apprenant des informations essentielles qui lui permettront de rester focus sur l’objectif qu’il s’est établi. Contrairement aux idées reçues, les émotions négatives ne sont pas toutes des freins à l’apprentissage. Elles peuvent être également sources de motivation. Les émotions positives ne sont pas toujours et dans toutes circonstances des accélérateurs ou des facilitateurs de l’apprentissage. Elles peuvent dans certains cas, venir l’entraver notamment en ayant une action néfaste sur l’attention.

DOSSIER

Cet article s’inclut dans un dossier complet qui se compose en 6 parties :

ÉMOTIONS ET APPRENTISSAGE

Partie 1 : Les émotions, frein ou accélérateur d’apprentissage ?

Partie 2 : Les émotions positives ou négatives et l’apprentissage.

Partie 3 : Le partage social des émotions et l’apprentissage

Partie 4 : L’influence des émotions sur la mémoire et l’attention (date prévue de publication 24/09/20)

Partie 5 : L’influence des émotions sur la mémoire et l’attention (date prévue de publication 01/10/20)

Partie 6 : Quel environnement émotionnel est vraiment propice aux apprentissages ? (date prévue de publication 08/10/2020 )

Bonne lecture !

Cet article a 1 commentaire

  1. Sanchez

    Très instructif comme toujours..

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