La dyslexie : qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce que la dyslexie ? La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages. Elle touche l’acquisition du langage écrit. Dans un premier temps, nous distinguerons : la dyslexie développementale et la dyslexie acquise.

La dyslexie acquise est acquise à la suite d’une lésion cérébrale par exemple ; alors que la dyslexie développementale comme son adjectif l’indique se développe au fil du temps. Cet article traite de la dyslexie développementale.

Définition :

Prenons celle de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : 

La dyslexie est un trouble spécifique de la lecture. Il s’agit également d’un trouble persistant de l’acquisition du langage écrit caractérisé par de grandes difficultés dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe…).

On ne diagnostique une dyslexie qu’après deux années de retard d’apprentissage de la lecture, soit en début de Ce2. Avant, on parle de troubles du langage écrit. Il est possible de soupçonner une dyslexie (prédisposition) mais avant la fin du Ce1/début du Ce2, elle ne sera pas notée comme telle dans un bilan.

Votre enfant a une dyslexique ou vous avez vous-même une dyslexie ?

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En CP, lors de l’apprentissage et en Ce1, lors des débuts de la lecture, un enfant peut présenter des symptômes similaires à la dyslexie et faire des inversions. Ces difficultés normales (et courantes) ne deviennent pathologiques que lorsqu’elles durent au-delà du Ce1. Les erreurs de lecture au départ ne sont guère différentes entre un normo-lecteur et un dyslexique, certaines lettres ne sont pas décodées, d’autres sont permutées, ou encore substituées, on retrouve également des confusions phonologiques (t,d,p,b) ou visuelles (m,n ; p, q). La différence est alors que chez l’enfant dyslexique les erreurs sont nettement plus nombreuses et dureront bien au-delà des premiers mois de CP (c’est après février/mars qu’il faut commencer à s’interroger).

Les signes qui alertent

Les signes qui peuvent alerter en cas de doute :

  • Nombreuses erreurs de lectures : problème de décodage, de permutation ou de substitution par exemple.
  • Persistance des erreurs au-delà des premiers mois de CP (> février/mars de CP)

Prévalence : La dyslexie touche entre 8 à 10% des enfants selon l’OMS et 3 fois plus les garçons que les filles.

De manière générale

Généralement, la dyslexie désigne un trouble durable du langage écrit affectant la lecture, l’orthographe et aussi l’écriture. On parle de dyslexie (troubles de la lecture) et de dysorthographie (troubles de l’orthographe).

Ces troubles se distinguent d’un simple retard d’acquisition, d’un retard mental, d’un problème auditif, d’un problème visuel, d’un problème affectif, d’un problème d’élocution, du bilinguisme. Les troubles persistent dans le temps, c’est pour cela que l’on parle de trouble durable. C’est un trouble neurologique et donc un fonctionnement cérébral atypique.

On naît et on meurt dyslexique.

On sait que la dyslexie (lire l’historique) est un problème plus global que le simple apprentissage de la lecture mais plutôt un déficit du traitement phonologique.

L’historique permet de saisir pourquoi certaines fausses idées concernant la dyslexie existent et restent tenaces (cliquez sur l’image pour lire)

Que faire en cas de doute ?

Il convient alors de faire passer un bilan orthophonique qui laissera sûrement apparaître un déficit dans le traitement phonologique ou métaphonologique laissant supposer un risque important de dyslexie.

Il est alors irréaliste que les choses passeront d’elles-mêmes ou d’attendre le « déclic » comme on l’entend encore souvent dire.

Ne pas attendre « le  déclic »

Ne pas attendre que les difficultés passent d’elles-mêmes.

→ Faire passer un bilan orthophonique du langage écrit.

Les bilans qui permettent le diagnostic

Faire passer un bilan orthophonique.

Faire passer un test du QI.

Faire passer un bilan ORL (un déficit auditif peut être à l’origine d’un problème phonologique).

Faire passer un bilan ophtalmo et orthoptique afin d’éliminer un problème visuel ou neurovisuel.

Qu’est-ce qu’un trouble neurovisuel ? 

Cliquez pour comprendre les troubles neurovisuels

Un déficit dans le traitement phonologique ou métaphonologique, kesako ?

Qu’est-ce que les habilités phonologiques ? 

Ce sont les habilités du traitement des sons de notre langue. Les mots sont faits de sons et l’on peut les manipuler. On parle de discernement des sons.

Qu’est-ce que les habilités métaphonologiques ?

C’est en quelque sorte arriver à jouer avec les mots, une habilité à manipuler mentalement les sons de la parole. Cette habilité relève de la conscience phonologique. Elles se distinguent en plusieurs tâches : jugement, inversion, segmentation, fusion, manipulation.

Vous cherchez des informations sur les troubles d’apprentissage ?

Vous voulez en savoir plus sur la dyslexie, la dyspraxie, le TDAH ou la dysphasie… 

« Les habiletés métaphonologiques occupent une place particulière dans l’évaluation du langage, se situant à l’intersection entre les compétences orales et les compétences écrites. Sous les termes d’«habiletés métaphonologiques» ou de «conscience phonologique», nous regroupons un ensemble de compétences qui nous permettent de nous représenter mentalement la chaîne parlée comme une séquence d’éléments distincts (morphèmes, syllabes, phonèmes). » 

Le langage de l’enfant : Comment l’évaluer ?  Editions De Boeck Supérieur

En général, les tâches de fusion (impliquées dans la lecture) sont plus faciles que les tâches de segmentation (impliquées dans l’écriture sous dictée), de substitutions et d’inversion.

  • Exemple de tâche de fusion : assembler des unités syllabiques ou phonémiques. Le résultat de la fusion de ca-na-pé est canapé. La fusion des phonèmes t-o-m-a-t-e est tomate. On peut aussi travailler avec des non-mots (des mots qui n’ont pas de sens). Cette tâche est généralement plus facile avec des syllabes qu’avec des phonèmes sauf quand la structure syllabique est complexe.
  • Exemple de tâche de segmentation : séparer les syllabes ou les phonèmes en unités isolées. La segmentation syllabique de canapé est ca-na-pé. La segmentation phonémique de tomate est t-o-m-a-t-e. On peut aussi travailler avec des non-mots. Cette tâche est généralement plus facile avec des syllabes qu’avec des phonèmes sauf quand la structure syllabique est complexe.

Alors la dyslexie qu’est-ce que c’est ?

Les problèmes fréquents de décodage chez les dyslexiques

Les problèmes les plus fréquents rencontrés chez les dyslexiques sur le plan du décodage (décodage : je lis p, puis je lis a pour lire pa) sont :

Exemple de décodage :

Je lis « p » puis je lis « a » pour lire « pa ».

C’est plus couramment ce que l’on appelle le b+a=ba 

  • des confusions auditives ou phonétiques

– m et  n,
– u, p, b, d, q
– g, s et ch,
– f et v,
– a et an,
– a et o,
– u et ou,
– on et o,
– un et u,
– in et i.

Les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d,g).

Les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s).

Ces confusions ne sont pas systématisées et selon les moments, l’enfant peut lire correctement ou substituer une lettre à une autre lettre.

  • des inversions de lettres, inversion de syllabe, de certains mots (or/ro, cri/cir, on/no, bras/bar);
  • des omissions (bar/ba, arbre/arbe);
  • des adjonctions (paquet/parquet, odeur/ordeur, poltron/polteron », escapade/cascapade »);
  • des substitutions (chauffeur/faucheur);
  • de la contamination (dorure/rorure, palier/papier);
  • une lecture du texte lente, hésitante, saccadée, avec un débit syllabique ;
  • une difficulté à saisir le découpage des mots en syllabes,
  • Une ignorance de la ponctuation.

Sur le plan de la compréhension, le dyslexique ne saisit qu’un sens partiel, ou pas de sens du tout, de ce qu’il a déchiffré ; le message du texte lui échappe totalement ou partiellement.

Généralement, il n’aime pas lire et a des difficultés dans les autres matières qui font appel à la lecture ou à l’écrit comme par exemple en mathématiques lors de la lecture d’énoncés ou de problèmes dont il ne comprendra pas le sens tout en ayant parfaitement acquis la notion demandée.

Une tâche de lecture dysfficile

Le test du Poucet est un test étalonné (c’est-à-dire que l’on fait un comparatif avec la moyenne des enfants du même âge) permettant d’apprécier le degré de dyslexie à partir de deux critères :

  • le nombre d’erreurs au cours de la lecture
  • le temps de lecture.

Le Poucet. 
Robin est petit comme un pouce.
Il habite la forêt dans une jolie petite cabane pas plus grande qu’un nid.

Il s’amuse avec ses amis les oiseaux et les animaux du bois. Un jour, il alla le matin faire une promenade bien loin.

Un soir que la pluie l’obligeait à s’abriter sous un gros champignon, il rencontra un lièvre. Alors, il grimpe sur son dos. Il s’accroche à ses longues oreilles. Le lièvre s’élance. Il court vite. Le Poucet craint de glisser. Soudain, ils s’arrêtent : attention au chasseur ! Sauvons-nous dans ce buisson. « Quel poltron ! » pense Robin qui veut poursuivre son escapade. »

Test du petit poucet.

Lu par un enfant dyslexique, le texte devient : .
 « Le son te.
Co din est pe tite comme un pu ce.
il cha te la pe dans une jaune petiteca dan pas lune que din ni… »

Le temps de déchiffrage normal est de 1 minute et 20 secondes.

On parle de retard modéré à 2 minutes.

On parle de retard important à plus de 3 minutes.

Les erreurs sont prises en compte les pauses et les auto-corrections également.

Si vous souhaitez mieux comprendre cet accès à la lecture, je vous conseille la lecture de cet article : Comment apprend-on à lire ?

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Les dyslexies/dysorthographies se manifestent généralement dès le cours primaire, mais elles peuvent passer longtemps inaperçues et ne se révéler qu’ultérieurement; notamment chez les enfants à Haut Potentiel (Enfant Intellectuellement Précoce, HP, APIE).

Les conséquences d’une dyslexie sont diverses. Si certaines sont assez connues et surtout plutôt visibles, d’autres, en revanche, sont plus insidieuses. Quelles sont ces conséquences ?

Lire la suite : Les conséquences de la dyslexie>>>>

Mise à jour le 29/11/2019 – 1ère publication le 29 novembre 2011