Le courage des Hauts Potentiels

Le courage des Hauts Potentiels

Lorsque je regardais l’émission qui a été diffusée sur France 2 mardi soir, j’ai été touchée par une association de mots « EIP et courageux ». En effet, on parle très peu du courage des personnes à Haut Potentiel. Courageux va être facilement associé aux enfants ou personnes touchées par un trouble dys (dyslexie, dyspraxie, dysphasie…), mais tellement rarement aux personnes à Haut Potentiel. Et pourtant !

Etre Haut Potentiel.

Etre Haut Potentiel, au-delà des tests, c’est un fonctionnement cérébral atypique. Les tests du QI sont alors juste une confirmation de ce fonctionnement atypique. Lorsque l’on entend parler des EIP[1] (Enfant Intellectuellement Précoce), on trouve souvent de longues descriptions sur leur potentiel intellectuel : ils sont capables de lire avant l’heure, de réaliser des calculs, d’avoir des réflexions et surtout des raisonnements qui sont estimés en dehors de leur âge. Pour une certaine partie, c’est vrai. Cette « précocité » peut s’exprimer comme ça, mais se résument-ils vraiment qu’à cela ?

Etre Haut Potentiel, un fonctionnement atypique.

Si la manière dont ils répondent à une question est souvent remarquée ou encore leur façon, qui peut paraître incongru, de trouver un résultat n’est pas toujours comprise est (là encore souvent décrite), il me semble que ce fonctionnement atypique s’exprime aussi bien autrement.

Michel Habib avait d’ailleurs bien décrit et expliqué comment leur structure cérébrale leur permettrait d’avoir ces fulgurances intellectuelles.

Le premier point, pour moi, est leur manière de faire face à leurs émotions. J’avais déjà parlé, dans un article, de cet aspect émotionnel lors d’événements importants.

Plusieurs personnes parlent ou écrivent sur cette hypersensibilité et cette activité émotionnelle spécifique. Jean-François Laurent, auteur de BE APIE, a même trouvé une appellation résumant assez bien leurs caractéristiques en utilisant le terme APIE : Atypique Personne dans l’Intellect et les Emotions.

Voir le site de Jean-François LAURENT

Le docteur Olivier Revol ou la psychologue Jeanne Siaud-Facchin, reconnus également comme des experts sur le thème de la précocité intellectuelle, décrivent également cette hypersensibilité.

Le courage des Hauts Potentiels

Etre Haut Potentiel et courageux

C’est bien parce que l’intellect est indissociable des émotions et que les émotions sont aussi indissociables de l’intellect que les Hauts Potentiels sont courageux.

La courage des Hauts potentiels

Ils sont courageux, car lucides.

Ils sont courageux, car ils vivent avec mille et une questions en tête.

Ils sont courageux car ils doivent prendre des risques. S’il paraît évident que de sauter dans le vide retenu à un élastique demande une certaine forme de courage. Le courage des Hauts Potentiels paraît moins visible et pourtant !

courage des hauts potentiels

Qu’il est difficile de prendre des risques quand on est si lucide des conséquences que peuvent engendrer ces risques :

Le courage des Hauts Potentiels

Prendre le risque de rater

Prendre de risque de faire des erreurs

Prendre le risque de se décevoir

Prendre le risque de s’éloigner d’une situation ou de certaines personnes

Prendre le risque d’aller vers autres

Et aussi prendre le risque d’être tout simplement soi

Alors oui, les Hauts Potentiels sont courageux parce qu’ils prennent le risque d’affronter leurs dangers, de se mettre en danger (surtout émotionnellement), le risque de subir les revers de cette prise de risque… tout cela en étant conscients de cette prise de risque. Se lancer, sauter dans le vide qu’est l’inconnu est une belle forme de courage, non ?


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Haut potentiel et dys est une combinaison qui existe bien. Les troubles d’apprentissage chez eux sont bien souvent moins visibles et donc moins flagrants. Ils constituent pourtant une population à surveiller plus particulièrement car leur potentiel intellectuel leur permet de compenser en partie leur situation de handicap. Mais alors peut-on vraiment dys et haut potentiel ? Quel est l’impact de cette association ?

J’ai souvent l’impression d’entendre qu’être dys est une fatalité malveillante, qu’obligatoirement, cet enfant ne sera pas en réussite, qu’il ne peut être un bon élève, voire un très bon élève et qu’il suive déjà le programme dans une classe « normale » n’est déjà pas si mal.

Les troubles « dys » (dyslexie, dyspraxie, TDAH, dysphasie…) ne sont pas une fatalité et les élèves « dys » ont donc aussi le droit d’être brillant.

La peur de réussir ou peur de l’échec. On entend parler fréquemment de la peur de l’échec. Je rencontre souvent d’autres profils qui pratiquent un auto-sabotage de leur capacité et notamment un bon lot de hauts potentiels.

Il y a quelques jours, j’écrivais un article sur le courage des hauts potentiels. En effet, ils doivent être courageux, car ils doivent prendre des risques tout en étant hautement conscients des conséquences engendrées par cette prise de risques.


[1] EIP, HP, APIE, zèbre sont les termes courants utilisés pour désigner les personnes ayant une surefficience intellectuelle.

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