EIP, HP, APIE… et dys

Haut potentiel et dys

Haut potentiel et dys est une combinaison qui existe bien. Les troubles d’apprentissage chez eux sont bien souvent moins visibles et donc moins flagrants. Ils constituent pourtant une population à surveiller plus particulièrement car leur potentiel intellectuel leur permet de compenser en partie leur situation de handicap. Mais alors peut-on vraiment dys et haut potentiel ? Quel est l’impact de cette association ?

Les EIP (Enfant Intellectuellement Précoce), les HP (Haut Potentiel), les APIE (Atypique Personne dans l’Intellect et l’Emotion), ces enfants qui ne rentrent pas forcément dans le moule attendu par l’Education Nationale, peuvent aussi se retrouver en échec scolaire.

Haut potentiel et dys est une combinaison qui existent bien. Les troubles d’apprentissage chez eux sont bien souvent moins visibles, moins flagrants. Ils constituent pourtant une population à surveiller plus particulièrement car leur potentiel intellectuel leur permet de compenser leur situation de handicap. Les dyslexies, dyspraxies, dys… et TDAH sont alors diagnostiqués tardivement avec des conséquences lourdes notamment pour la confiance et l’estime de soi.

Haut potentiel

Mieux comprendre leur activité cérébrale

Une vidéo à voir et à écouter… absolument !
Michel Habib explique l’activation de certaines zones chez les Haut Potentiel mettant en lumière les différences fondamentales entre HP, dys et HP/dys

Qui sont les HP et dys ?

De qui parlons-nous ? Qui sont les enfants que l’on appelle « Haut Potentiel » ?

Ce sont des enfants dont les capacités intellectuelles sont au-dessus de leur classe d’âge. Ce potentiel est mesuré, grâce à un test psychométrique étalonné, le test du QI.

Leur QI est supérieur à 125 (test de Wechsler). Ils représentent 2% de la population.

On les appelle les Enfants Intellectuellement Précoces, les EIP, les HP (Haut Potentiel), les surdoués, les APIE (Atypique Personne dans l’Intellect et l’Emotion) … Quelle que soit leur appellation, ils existent bien.

On se les représente bien souvent le nez plongé dans les bouquins, parlant de racines carrées à l’âge où les autres enfants butent sur les divisions, premier de la classe, tout sourire, avec une vie sociale très épanouie… par méconnaissance, par stéréotype ?

Un Haut Potentiel peut être un enfant studieux, adorant l’école, très scolaire, calme et posé. Tout comme il peut être colérique, irrespectueux, insolent, exigent. Il peut être tout ça à la fois et c’est ce qui questionne. 

Ces HP sont avant tout des enfants, avec leur émotion d’enfant, avec leur développement affectif d’enfant…

C’est pourquoi je ne ferai pas une sacro-sainte liste qui permettrait de les « détecter » comme on en trouve énormément (lisent avant le CP, passionnés par la préhistoire…). Certes, les EIP ont des points communs mais un essentiel, ils ont tous un potentiel intellectuel hors norme. C’est ce potentiel intellectuel qui les rend différent dans leur envie, leur découverte, et leur interaction sociale. Et non pas, le fait qu’un enfant sache lire avant son entrée en CP.

Un test du QI souvent hétérogène

Un Haut Potentiel n’a pas non plus forcément un test du QI homogène (homogène = pas d’écarts importants entre les différents indices ou subtests ≠ hétérogène).

On parle alors de dyssynchronie. Il convient généralement d’aller creuser pour savoir si son hétérogénéité ne cache pas un dysquelquechose, un TDA/H …

La dyssynchronie chez les HP est un décalage existant entre leur développement intellectuel, affectif et/ou moteur. Elle affecte ses performances scolaires et/ou sociales. Cette dyssynchronie se retrouve par une hétérogénéité dans les indices (ou les subtests) du test du QI.

La dysgraphie est un trouble d’apprentissage que l’on retrouve souvent chez les hauts potentiels. Pour mieux comprendre ce qu’est la dysgraphie, vous pouvez lire cette page

DOSSIER LA DYSGRAPHIE

L’apprentissage de l’écriture prend du temps. La plupart des enfants parviendront à répondre aux exigences scolaires tant en termes qualitatif que quantitatif. Néanmoins pour certains, il restera une difficulté importante.

Pourquoi les HP et dys sont-ils diagnostiqués tardivement ?

 Parce que ces enfants particuliers peuvent parfaitement camoufler leur « dysfficulté » en mettant en place, grâce à leur potentiel intellectuel, des stratégies de contournement, des stratégies d’évitement, et/ou des stratégies de compensation.

Le retard de diagnostic est fréquent chez le haut potentiel et dys. Les conséquences sont alors désastreuses : échec scolaire, perte de confiance en soi, perte de l’estime de soi, dégoût de l’école… sans que personne ne comprenne réellement pourquoi cet enfant doué se retrouve dans une telle situation.

Parce qu’un enfant peut être HP et dyslexique

Parce qu’un enfant peut être HP et dyspraxique

Parce qu’un enfant peut être HP et TDA/H…

Des idées reçues et beaucoup de préjugés

 S’il était surdoué, il serait premier de la classe

Avoir un enfant surdoué, c’est un effet de mode

Les parents veulent tous avoir un enfant surdoué…

 Des préjugés et des stéréotypes qui ont la vie dure malgré un progrès, au niveau de l’information, notable ces dernières années.

La problématique de l’association Haut potentiel et dys

Elle tient au fait qu’en règle générale, un EIP présentant un dys, ne correspondra pas vraiment au tableau des EIP, ni complètement au tableau d’un dyslexique, d’un dyspraxique…

 Un EIP dyslexique

Un EIP dyspraxique

Un EIP TDAH…

Correspondant rarement à l’idée que l’on se fait d’un EIP, d’un dyslexique, d’un dyspraxique, d’un TDAH… et les difficultés pour les reconnaitre sont encore plus importantes quand l’enfant EIP présentent un multi-dys !

Le test du QI note une fort dyssynchronie, le QIT (QI Total) n’est alors pas calculable car il n’est pas représentatif du réel potentiel de l’enfant. Dans une partie des cas, les psychologues (testeurs) ne parlent pas précocité, par prudence, alors que certains items forts bien réussis la laissent présager.

Il est important de prendre en compte les deux aspects de l’enfant : son coté EIP et son coté « dys ». Ces deux parties étant indissociables l’enfant est alors EIP et dyslexique par exemple mais il n’est pas que l’un ou l’autre.

Haut Potentiel et dys : des bilans difficiles.

Avoir un enfant haut potentiel et dys demande aussi de trouver les bons professionnels (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, orthoptiste…), autrement dit qui connaissent aussi bien les hauts potentiels que « dys ».

Les bilans, grâce à leur potentiel intellectuel, leur facilité de compensation, peuvent revenir faussés. Ils ne marquent alors rien de pathologique, juste une faiblesse à travailler alors que le handicap est bien là.

On voit alors des dyslexiques qui ne seront jamais diagnostiqués avant la 5ème, certains même en 1ère parce qu’ils auront mis en place des stratégies (compensation, évitement…).

Ils peuvent également être lecteur précoce, ce qui reste surprenant pour un dyslexique.

L’orthographe reste alors le point visible car récurrent de leur difficulté. Le bilan ne marque pas une vraie dyslexie, la lecture s’étant mise en place… et c’est bien souvent parce que l’orthophoniste connait le versant HP qu’il ira « gratter » un peu plus loin pour finalement voire clairement la dyslexie.

Il en va de même pour les autres dys. Bon nombre d’HP dyspraxiques arrivent à faire certaines choses comme nager, faire du vélo, du roller, utiliser une règle… dans un âge tout à fait acceptable (voir même certaines fois de manière avancée). La dyspraxie est alors écartée dans un premier temps. Seule, la réalisation de bilans avec des professionnels formés aux hauts potentiels permettra de mettre en évidence le dys de l’enfant.

Les changements de structure de certaines régions cérébrales peuvent modifier notre résultat au test du QI : lire l’article « QI Rien n’est joué avant 20 ans ».

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Mais s’il y arrive : est-il vraiment « dys » ?

La compensation ne dure qu’un temps. A un moment donné, le château s’écoule, les stratégies ne fonctionnent plus car elles ne suffisent plus. L’enfant fatigue, ses efforts sont constants, s’en suivent des problèmes d’angoisse, de comportement, de confiance.

Alors oui, même si quelquefois en tant que parents on peut se poser la question : il est vraiment haut potentiel ? Il est vraiment dyspraxique ? Il est vraiment TDAH ?

Il y a de quoi s’y perdre parce que cet enfant ne rentre véritablement dans aucun des tableaux, les parents s’interrogent alors encore et encore… Les adultes qui se découvrent tardivement aussi.

Il faut alors au contraire admettre leurs particularités en prenant en compte les différents versants sans en écarter un pour favoriser l’autre mais au contraire en les gérant conjointement.

Pour qu’on peut être haut potentiel, dys et brillant … et tout cela en même temps.

Il faut aussi accepter que les enseignants s’interrogent aussi, et que c’est bien en leur donnant un maximum d’informations que l’on évitera des « remises en cause » de diagnostic. Je n’entends pas par là qu’un enseignant à le droit de remettre en cause un diagnostic, loin de là, ce n’est bien entendu pas de sa compétence mais j’entends par là qu’il peut, lui aussi, comme le font certains parents, s’interroger sur cet enfant dont on lui annonce des éléments que lui ne voit pas forcément. Il s’agit bien souvent d’un manque d’informations et de connaissances.

L’écoute et le dialogue comme je le disais dans mon article « Parents, enseignants, instaurez le dialogue » restent le meilleur moyen pour faire avancer les choses.

Lire l’article : Parents, enseignants, instaurez le dialogue

En savoir plus

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Parce que la précocité est une chance qui ne doit pas être vécue comme un handicap.

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Mise à jour le 4 mai 2020