La dysorthographie

La dysorthographie se définit comme un trouble persistant de l’acquisition de l’orthographe. Les dysorthographiques sont donc en difficulté pour respecter l’orthographe des mots, la conjugaison, la grammaire et la syntaxe.

La dysorthographie est un trouble spécifique des apprentissages lorsqu’elle est d’origine neurodéveloppementale. Elle peut être acquise à la suite d’une lésion cérébrale.

Comment repérer la dysorthographie

Les erreurs courantes sont :

  • des fautes d’orthographe et des difficultés à l’écrit semblables à celles de la lecture ;
  • d’autres anomalies particulières à la mise en écrit (encodage);
  • des erreurs de copie (des mots);
  • des économies de syllabes (semblable/semble);
  • des découpages arbitraires (l’ égume, il sé lance);
  • des omissions (bébé/bb, liberté/librt);
  • des mots soudés (l’image, limage, son nid/soni/ les épis, lézépi);
  • des fautes de conjugaison, de grammaire, d’analyse ;
  • une lenteur d’exécution, des hésitations et une pauvreté des productions.
dysorthographie

L’apprentissage de l’orthographe, une longue étape

Dans toutes les écritures alphabétiques, dont le français, l’étape cruciale de l’apprentissage réside dans la compréhension du fait que les séquences de lettres entretiennent des correspondances régulières – parfois complexes – avec les séquences sonores, ce qu’on appelle le principe alphabétique. En production, cela nécessite que l’enfant soit parvenu à une certaine maîtrise de sa langue maternelle et puisse la traiter comme un objet d’observation lui permettant, par exemple :

– de segmenter les énoncés ;

– de conserver en mémoire cette segmentation tout en transcrivant, même de manière non conventionnelle ;

– de contrôler ultérieurement par la lecture, l’exactitude (relative) de ce qu’il a fait

Dyslexie Dysorthographie Dyscalculie Bilan des données scientifiques – INSERM

Vous vous demandez à quoi correspond cette association graphème-phonème… vous avez des difficultés à la comprendre ? Voici un article qui pourra vous aider à vous saisir de cette notion : Comment apprend-on à lire ?

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Le français ne fait donc pas référence qu’à cette seule association graphèmes – phonèmes… Ce serait trop simple ! Par exemple, le mot « femme » demande d’utiliser d’autres choses (voie lexicale). Certaines lettres ne se lisent pas comme les e à la fin des mots, les « ent » à la fin des verbes… et certaines lettres modifient aussi la lecture, par exemple, lorsqu’une consonne est doublée : accès, terrain, …

Acquérir une orthographe juste demande donc :

  • de bonnes capacités phonologiques et métaphonologiques
  • de bonnes capacités neurovisuelles
  • de bonnes capacités attentionnelles.

La dysorthographie développementale est secondaire à un trouble primaire.

Quelles sont donc les troubles qui entraînent souvent une dysorthographie ?

La dysorthographie consécutive à un trouble primaire

La dysorthographie chez les dyslexiques

La dyslexie entraîne toujours une dysorthographie. D’ailleurs, parler de dyslexie-dysorthographie serait plus juste.

Le déficit dans le traitement phonologique ou métaphonologique impliqué dans la dyslexie entrave la représentation mentale des morphèmes, syllabes, ou encore phonèmes.

Lire l’article : Qu’est-ce que la dyslexie ?

L’acquisition des règles de correspondances graphèmes – phonèmes étant limitée, la mémorisation de la forme orthographique des mots ne se met pas en place correctement.

Généralement, les mots subissent des transformations liées à des erreurs généralement phonologiques.

Exemples :

  • ils sargent au lieu de ils chargent
  • Lé envant fon à l’école au lieu de : les enfants vont à l’école

La dysorthographie chez les dyspraxiques et les TDAH

La dyspraxie visuo-spatiale associe un problème dans le geste des « yeux » ainsi que dans l’organisation de l’espace. Les difficultés de lecture sont généralement liées à un problème de stratégie dur regard. Les dyspraxies visio-spatiaux ne posant pas leur regard au bon endroit sont gênés pour discriminer les lettres. Leur empan visuel est aussi souvent déficitaire. Ils ne prennent pas en une saccade oculaire le nombre de lettres suffisantes pour décoder correctement. Il est donc courant de les voir mélanger des lettres et donc des sons et de ne pas segmenter les mots au bon endroit.

Lire l’article : Dyspraxie : la lecture, un problème de stratégie du regard

Ecrire juste demande d’avoir des capacités attentionnelles de bonne qualité.

Les TDAH présentent souvent des troubles neurovisuels, ils vont donc présenter les mêmes difficultés que les dyspraxiques visio-spatiaux. Ils doivent poser leur attention sur chaque mot pour les identifier juste. Or, comme leur attention est déficitaire, ils se retrouvent en difficulté pour réaliser cette tâche.

Lire l’article : le TDAH, qu’est-ce c’est ?

Dans ces deux cas (dyspraxie visuo-spatiale et TDA/H), ce sont les difficultés visio-attentionnelles qui entravent la juste identification des mots.

Ces mêmes erreurs se répercutent au niveau orthographique. Comme le traitement phonologique ou métaphonologique n’est pas en cause, les mots écrits sont généralement phonologiquement justes.

Exemples :

  • eausséan au lieu de océan
  • lécol è fermé au lieu de l’école est fermée

J’ai l’habitude de dire qu’ils ont une orthographe créative.

La dysorthographie chez les dysphasiques

La dysphasie est un trouble structurel, primaire et durable de l’apprentissage et du développement du langage oral

Lire le dossier sur la dysphasie : Dossier « La dysphasie »

La dysphasie est un trouble spécifique de l’apprentissage du langage oral.  Elle affecte le développement de la parole et du langage réceptif et/ou expressif. Elle a des répercussions généralement sur le langage écrit entraînant des difficultés en orthographe, grammaire et syntaxe. Le stock orthographique est souvent limité et les productions écrites pauvres.

Travailler le passage à l’écrit

Oui, mais comment ?

Pour travailler le passage à l’écrit et avoir une méthode efficace, je vous propose des ateliers spécifiques et adaptés aux dys.