Dyslexie, dyspraxie… des relations sociales pas toujours faciles

Des relations sociales pas toujours faciles… et pas toujours facilitées.

Voici un article que l’on me fait passer (lire l’article plus bas). A sa lecture, je ne peux que constater que Manon est, comme beaucoup d’enfants « dys », rejetée par les autres ; pour un jeune adolescent, ce manque de sociabilisation est encore plus difficile à vivre, c’est un âge où l’on a besoin de se connaitre, de se reconnaître, d’ appartenir à un groupe, besoin d’avoir des amis, des confidents…

Comme le dit Xavier Pommereau : « l’ado isolé, esseulé, ne partageant rien avec les autres est un ado en souffrance, même s’il prétend le contraire »[1].

Une auto-évaluation faussée, une image de soi altérée.

Etre seule, se sentir seule… c’est se sentir rejeté par les autres, ne pas trouver ses semblables, ceux qui nous ressemble :  ne pas se sentir accepter tel que l’on est et pour ce que l’on est. L’image de soi est alors complètement tronqué. Consciemment ou inconsciennement, nous nous auto-estimons en portant des jugements sur ce que l’on a fait, ce que l’on n’a pas fait, ce que l’on a dit, ce que l’on n’a pas dit… C’est à travers cette image que nous allons pouvoir aller vers les autres. Les autres sont alors une sorte de miroir et font faire partie également de notre auto-évaluation. Lorsque l’image qu’il nous renvoie est négative, notre estime de soi en prend un sérieux coup. Nous finissons par penser que nous ne sommes pas capables de…

Troubles d’apprentissage et dommages collatéraux.

Dyslexie, dyspraxie… ces handicaps sont invisibles. Ils sont donc plus difficilement reconnus dans leur handicap ; les difficultés quotidiennes et scolaires sont, quant à elles, bien visibles. Il y a alors cette ambivalence entre ce « invisible » et les difficultés qui fait qu’ils sont attaqués directement sur leurs potentiels intellectuels. Les « j’ suis pas bête partout » sont légions dans la bouche de ces enfants et, à force de s’entendre remis en cause, ils en arrivent aussi à penser le contraire.

Quand nous parlons des troubles d’apprentissage, nous nous focalisons souvent sur l’aspect scolaire de leur prise en charge. Effectivement, lorsque nous pensons « trouble des apprentissages », nous pensons directement : école puisque elle est le lieu des apprentissages scolaires. Nous oublions peut être aussi que ces troubles impacts la vie de ces jeunes de manière beaucoup plus globale. Les conséquences devraient toujours être évaluées sous une approche systémique, globale, prenant en compte l’environnement complet : école, famille, extérieur… Les relations sociales en font partie intégrante. Elles permettent aux jeunes de développer aussi sa confiance en soi pour, petit à petit, qu’ils puissent s’affirmer.

Espérons que le SOS lancé par Manon soit entendu outremer et peut être aussi en métropole ! 

[1] Ado à fleur de peau – Xavier Pommereau – Albin Michel
 

Cherche correspondant désespérément.

A 13 ans, Manon B. n’a pas d’amis. Atteinte de troubles des apprentissage, l’adolescente lyonnaise cherche des correspondants à La réunion où elle est née.

« J’apprends à me débrouiller mais si vous pouvez être sympa avec moi, je serai soulagée. » Cette phrase est extraite d’une présentation que Manon a lue à sa classe de 5è en arrivant dans son nouveau collège de la région lyonnaise. Dyslexique et dyspraxique, l’adolescente née au Port confie n’avoir jamais eu d’amis (lire par ailleurs).

« J’apprends à me débrouiller mais si vous pouvez être sympa avec moi, je serai soulagée. »

Lassée de se retrouver seule dans ta cour de récré, elle tance un appel désespéré à La Réunion, à la recherche d’un correspondant, et pourquoi pas d’un ami. « Pour moi, un ami, c’est quelqu’un qui peut venir chez toi. Depuis La Réunion, ça fait une trotte, mais bon… C’est aussi quelqu’un à qui je peux confier mes secrets, quelqu’un qui est souvent là pour moi et pour qui je serai souvent là aussi», explique-t-elle, l’air inspiré.

Malgré sa noble définition de l’amitié, Manon se heurte au regard parfois cruel des jeunes de son âge. « C’est difficile pour les enfants d’accepter que Manon ait des difficultés. Tenir un plateau à ta cantine, pour elle, ce n’est pas évident. Et puis, il faut se trouver une place, d’une personne qui l’accepte… Elle rentrait de l’école le soir avec des maux de ventre, elle se réveillait la nuit. Sa psychomotricienne était obligée de lui donner des cours de relaxation. Finalement, on a déménagé pour qu’elle puisse rentrer manger à la maison le midi», raconte sa mère, Elise B.

«Beaucoup d’espoir »

Dans cette correspondance, Manon fonde «beaucoup d’espoir ». Celui notamment, de découvrir l’île qu’elle a dû quitté à l’âge de trois ans pour des raisons de santé. « J’étais petite donc je ne m’en souviens pas. Mes parents ont des photos mais elles sont un peu vieilles, La Réunion, je l’imagine comme Marseille, mais sans les immeubles, avec des longues plages de sable fin, des fleurs, des petites maisons avec des grands jardins et des piscines», décrit avec une naïveté touchante la jeune Manon.

Le profit de son correspondant rêvé ? Un garçon ou une fille, entre 10 et 15 ans. S’il n’est pas « dys », « ce n’est pas grave », précise-t-elle en riant. L’important étant qu’il ne la juge pas si elle lui raconte un jour qu’elle est partie en cours sans rien dans son cartable ; qu’un matin après s’être savonnée, elle a oublié de se rincer ou que demain, elle est sûre en s’habillant d’enfiler ses chaussettes à l’envers. Fan d’équitation, de nature, de randonnée mais aussi de cinéma et de musique (en particulier de hard rock), Marion ne manque pas de passions. Mais à quoi bon si elle n’a pas d’amis avec qui les partager?

Source : le quotidien de la réunion, publié le 17/03/2012.

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