Dyslexie, dyspraxie, dysphasie… J’suis nul

« J’suis nul  – J’suis nulle »

Dyslexie, dyspraxie, dysphasie, TDAH

Voilà une phrase qui revient souvent la bouche des enfants que je reçois. Marion, 14 ans, collégienne, dyslexique me regarde en baissant la tête. « Mes notes, c’est la cata, j’suis nulle. ». Quand je lui demande ce qui fait qu’elle se sente nulle, elle me répond qu’elle ne se sent pas intelligente car elle n’arrive pas à lire un texte correctement. Arthur, 12 ans, HP (Enfant Intellectuellement Précoce/ Haut Potentiel) , a également le même sentiment. Alexandre, 17 ans, dyspraxique partage ce ressenti : « mes notes sont comme moi… nulles ». « J’suis un boulet » me dit Audrey, collégienne, « Au collège, les profs, j’ai l’impression qu’ils me traînent. »

Leur point commun, un parcours scolaire chaotique !

J’suis nul : J’ai 6/20, je vaux 6

j'suis nul

J’ai 6/20, je pense que je vaux 6/20, je ne me crois pas capable de faire mieux, je perds confiance en moi, j’ai peu d’estime pour moi-même : un vrai effet domino. Conclusion : je pense « j’suis nul »

Les enfants vivent les notes comme leur valeur : j’ai 6/20, je vaux 6 autrement dit pas grand-chose. Ce sont des propos que j’entends couramment en stage de confiance en soi. Avec ces mauvaises notes, ils remettent en cause leur intelligence, leur potentiel.

Les enfants comme les adolescents se jugent, ils ont tous envie de réussir, d’avoir des bonnes notes, tous les élèves voudraient être de bons élèves. Je n’ai pas encore rencontré un seul élève qui était vraiment content d’avoir des résultats scolaires moyens ou médiocres.

Certains, et surtout les adolescents vont alors se mettre en échec. Ils ont peur, peur de réussir. Ils ne travaillent pas. Vous imaginiez, si je travaille et que je ne réussis pas, si je ne réussis même pas en travaillant, je saurai que je ne suis vraiment pas capable. Alors que si je ne travaille pas, j’ai au moins une excuse, j’ai sauvé la face. Ils ne mettent eux-mêmes en échec. Et les parents comme les enseignants ne voient qu’un manque de travail ! Le manque de travail n’est pas la cause mais la conséquence. Ce sont ces mêmes jeunes qui vous disent qu’ils s’en moquent, que ce n’est pas grave : « j’en fous, y’a pas que l’école dans la vie ». Certes, il n’y a pas que l’école mais ils y passent en moyenne 6 heures par jour soit ¼ de leur temps, sans compter les devoirs à faire ! Comment se sentir bien ? Comment s’estimer ?

J’suis nul… ou pas : garder sa valeur

Cliquez sur l’image pour lire le texte : Estime de soi

Pour les parents, c’est valoriser les efforts plus que les notes, valoriser le travail accompli, sa pénibilité, valoriser les réussites, désacraliser les échecs et surtout ne pas les cristalliser. C’est aussi valoriser d’autres domaines de réussite que l’école : le sport, le dessin, la peinture, le jeu d’échecs … et même le fait qu’il soit capable de vous massacrer à la PlayStation !

Apprendre à valoriser d’autres compétences.

Pour les enseignants, c’est apprécier le travail accompli : un 8/20 n’a jamais le même impact s’il est accompagné d’une appréciation motivante : poursuis tes efforts, tu y es presque ! On voit que tu as appris ta leçon même si l’exercice 3 n’a pas été compris…L’image que l’enseignant va avoir de l’enfant intervient aussi. Elle va induire des comportements et des attitudes selon la perception que l’enseignant va avoir de son élève. S’il pense que l’élève est un  bon élève ou un élève studieux, bref qu’il a une bonne image de cet élève, il va adapter inconsciemment son attitude. N’oublions pas que 93% de notre communication est non verbale. L’élève va donc percevoir aussi les attitudes implicites. Un regard bienveillant est donc la clé pour permettre à ces élèves d’exprimer leur potentiel.

Pour favoriser les situations d’apprentissage et permettre à l’apprenant d’exprimer correctement son potentiel, il est nécessaire de le faire dans un contexte bienveillant, en diminuant les situations de stress et notamment de stress excessifs qui finissent par provoquer de véritables blocages. Il est également important d’instaurer un système de récompense lié à la motivation personnelle de l’apprenant lui-même. L’aider à viser son objectif personnel lui permettra d’être motivé et de développer ces ressources d’adaptation. Tous les adultes qui entourent un enfant devraient prendre en compte ces points essentiels.

2 réflexions sur “Dyslexie, dyspraxie, dysphasie… J’suis nul”

  1. Mon fils qui a 19 ans en classe Bts est dyslexique dysorthographique lorsqu’il changeait d’école est que je le signalais au profs c’était la grande surprise et les réflexions genre ce n’est pas possible il travaille très bien et même 1 er dans certaines matières là grande déception de ma part et celle de mon fils comment ça un dys est forcément bête et ne peut y arriver je dis cela car moi même je suis dys mais à l’époque on ne parlait pas de tout cela c’est en faisant le test avec mon fils que j’ai enfin trouvé les causes de l’incompréhension de texte donc min fils a une mémoire auditive et visuelle qui entre elles forment un tout pour comprendre et je l’ai beaucoup soutenu encouragé dans son apprentissage en autre en lui donnant des astuces pour mieux comprendre et apprendre en chanson en jeux de carte inventé en mime et étant un jeu et non un devoir il ne faisait pas de blocage et oui mon fils disait parfois je suis nul je ne suis pas normal comme les autres alors je lui expliquait des histoire avec une morale genre le lièvre se croyant meilleur que la tortue et au final ce n’est pas le plus rapide qui y arrive j’ai redonné le goût de la lecture en expliquant qu’étant un enfant imaginatif il pourrait voyager en lisant et se reconnaître dans des personnages etc
    chaque année peu importe le moment je lui faisais des cadeaux parce qu’il avait fourni un bon travail est dépensé beaucoup d’énergie à un certain moment et quand il se décourageant beaucoup au point de baisser les bras je le soutenais beaucoup en l’aidant en allégeant ses lectures fatigantes je faisais la lectrice ou moitié moitié chacun .
    Mais le pire c’est lorsque l’on a mis un mot sur les problèmes d’apprentissages milieu CP ou c’était une catastrophe mon médecin m’a envoyé voir une orthophoniste et au bout de quelque mois elle a mis des mots sur les maux de mon fils là en a découlé une déception de la part de son maître qui ne comprenait pas mon fils avait la même éducation que les autres élèves le maître s’est senti entaché de sa fonction en s’offusquant devant mon fils qui s’est littéralement bloquer pendant cette année-là
    il ne voulait plus aller à l’école et certains parent d’autres dys qui m’ont interpellés devant mon fils à mon arrivée à l’école me disant que ce n’ai pas parce que j’ai un fils attardé mental que je dois mettre la pagaille dans la vie des autres alors que la directrice voyant qu’elle n’avait pas vu les problèmes de mon fils a envoyé 4 autre enfant voir une orthophoniste et ses enfants avait un trouble de l’apprentissage donc séances régulière ce jour-là je me suis adressée aux parents en leur disant que mon fils et leurs enfants n’étaient pas des attardés mentaux bien au contraire ils étaient très intelligent et que s’ils ne voulaient rien faire pour leurs enfants il y avait de grande chance que ces enfants plus tard leur reprocheront leur désavouement et quand je vois mon fils aujourd’hui à quel niveau il est arrivé je suis fière de lui même si parfois il décroche mais il se reprend vite .
    Mon fils a subi aussi des remarques de ses amis au lycée ça l’a beaucoup affecté parce qu’ils disaient que mon fils frimait par ses bonnes notes et ça l’a littéralement fait sombrer dans un repli sur lui qui a très vite été pris en charge par un psy et l’a aidé à surmonter cette épreuve douloureuse même si parfois de vieux démons le hantent encore un peu et qu’il perd de l’estime de lui et confiance.
    Au examen collège lycée niveau supérieur il est reconnu par l’Académie du département de l’école pour son  »handicap » dont un tiers temps et un lecteur et c’est bénéfique il pouvait bénéficier d’un ordinateur mais a refusé parce qu’écrire pour lui est utile pour enregistrer l’orthographe des mots sans que l’ordinateur lui corrige les fautes par lui-même après chaque enfant est différent et mon fils confond certaines lettres donc c’était compliqué sur le clavier voilà
    j’espère que j’ai été claire dans mon explication juste pour dire aux parents patience courage ténacité vos enfants vont vous étonner bonne journée

    1. Bonjour Claude et merci pour votre témoignage. Oui, ces enfants ont du potentiel, oui il est important de leur laisser le temps de l’exprimer et surtout de leur en donner les moyens.

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