Dyscalculie : anxiété des mathématiques et diminution des capacités.

Anxiété des mathématiques : vaincre la peur et changer les perceptions.


Les mathématiques sont source de stress et d’anxiété pour plusieurs élèves et même parfois, pour les enseignants. Certains spécialistes de ce qu’on appelle l’ « anxiété mathématique » affirment que celle-ci peut poser certains obstacles pour des élèves qui peuvent mener jusqu’au renoncement à une carrière dans les domaines des sciences pures et des mathématiques.

Sian L. Beilock de l’Université de Chicago avance que cette anxiété mathématique est en grande partie imputable à des perceptions biaisées et à des idées reçues dont la plus dommageable serait la croyance que les garçons sont meilleurs en mathématiques que les filles.

Ce stéréotype, véhiculé depuis longtemps et bien ancré dans la croyance populaire, ne serait pourtant pas avéré. Des tests passés en début d’année montrent en effet qu’il n’y a pas de différence notoire entre les résultats des filles et ceux des garçons. Or, en induisant cette croyance aux jeunes, certains enseignants augmentent le niveau de stress chez les filles, diminuent leur confiance en elles et créent effectivement un clivage entre les sexes au cours de l’année scolaire.

Il existe beaucoup d’autres fausses croyances qui augmentent le niveau d’anxiété des jeunes par rapport aux mathématiques dont le fait qu’elles soient perçues comme une matière complexe et difficile à maîtriser. Le problème avec ces biais de perception, c’est qu’ils sont transmis aux jeunes dès le début de leur parcours scolaire, ce qui influence de façon négative leurs capacités réelles.

Grâce à plusieurs études sur la question, on sait que l’anxiété diminue les capacités d’apprentissage, de mémorisation et de réminiscence de l’information en situation d’évaluation. Selon Beilock, un stress, même mineur, par exemple dire aux jeunes que leurs résultats d’examen seront comparés à ceux d’un autre groupe, suffit à provoquer un déficit au plan neurologique. L’explication est simple : le stress accapare une partie de l’attention et de l’énergie du cerveau, diminuant ainsi l’efficacité de certaines facultés. Une baisse de la mémoire, de la pensée critique et de la capacité de résolution de problème se produit donc quasi inévitablement en situation de stress.

Beilock affirme que la solution la plus simple pour diminuer le problème de l’anxiété mathématique serait d’arrêter la transmission de la peur et des préjugés d’une génération à l’autre. Cela est particulièrement vrai dans le cas des filles, victimes d’un stéréotype bien ancré et pourtant erroné. Beilock avance également qu’il y a une certaine valorisation sociale à ne pas aimer les mathématiques et à n’y rien comprendre, ce qui ne contribue pas à l’amélioration de la perception qu’en ont les jeunes.

Texte traduit et adapté de Researchers Probe Causes of Math Anxiety, publié sur le site de Education Week le 18 mai 2011

Sian L. Beilock et coll. (2010) Female Teachers’ Math Anxiety Impacts Girls’ Math Achievement. University of Chicago [télécharger (PDF)]

Publié le 26 mai 2011 par Anne-Isabelle Tremblay, sur RIRE (Réseau d’Information pour la Réussite Éducative)

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